Le blogue Gestion de crise publiait récemment un billet sur l’utilisation de la vidéo sur Internet et son impact appréhendé sur la formation des porte-parole.
La vidéo est appelée, si ce n’est pas déjà fait, à prendre la part du lion dans les communications à l’ère d’Internet.
À mon avis, c’est déjà fait!
Citant une étude de comScore, il soulignait que :
…les canadiens étaient en février 2009 les plus grands consommateurs de vidéos sur Internet : 88 % des internnautes canadiens avaient visionné plus de 3 milliards de clips vidéos en ligne.
L’auteur du billet ajoutait :
Cela signifie d’une part que les communicateurs devront de plus en plus préparer leur porte-parole à donner des entrevues vidéo.
Citant ensuite Influence Communication:
Influence Communication a calculé, pendant la campagne électorale fédérale de 2008, combien de temps on peut entendre la voix des chefs de parti pendant les deux téléjournaux de fin de soirée de Radio-Canada et de TVA : une moyenne de 15 secondes. Vous ou votre porte-parole devrez donc être en mesure de résumer “Guerre et paix” en aussi peu de temps !
C’est donc dire que la capacité de synthèse du porte-parole est toujours mise à rude épreuve. Par contre, je me demande sincèrement si on n’est pas déjà ailleurs pour ce qui est de la durée de ces fameux clips sonores. Et ce qui émerge de plus en plus, ici comme ailleurs, c’est la domination des clips visuels (le porte-parole ou le candidat ne parle pas), au détriment de ce qui est dit.
Et le gagnant est…
Une étude publiée en 1997 dans le Havard International Journal Press/Politics soulignait que la durée moyenne des clips sonores de candidats à la présidence américaine de 1968 à 1992, était passée d’une minute à un peu moins de 10 secondes par reportage. En 2009, reprenant cette étude, Erik Bucy et Maria Grabe de l’Université d’Indiana observaient que, même si les clips sonores avaient été d’une durée moyenne de 8 secondes de 1992 à 2004, ils n’étaient pas nécessairement plus nombreux, se limitant à deux par reportage. Qui plus est, à peine un tiers des clips concernaient des enjeux substantifs de la campagne ou des breaking news. L’autre tendance, c’est l’émergence du visuel, ces clips visuels montrant, les image bites.
Selon les auteurs :
Because pictures are perceived as firsthand knowledge […] visuals are undoubtedly delivering more information to viewiers than previously acknowledged.